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En sortant de l'école

À propos de En sortant de l'école

En sortant de l'école
Ludo t’invite à découvrir la poésie de Paul Eluard à travers 13 films d’animation de la collection En sortant de l’école. Paul Eluard était un poète révolté qui aimait la vie, l’amour et par-dessus tout la beauté. Ses poèmes parlent donc d’amour, des petites et grandes choses de la vie et de la liberté !
L’alliance, par Eugène Boitsov
ALLIANCE
Définitivement ils sont deux petits arbres Seuls dans un champ léger Ils ne se sépareront plus jamais.
Liberté, par Jon Boutin
LIBERTÉ
Sur mes cahiers d’écolier Sur mon pupitre et les arbres Sur le sable sur la neige J’écris ton nom Sur toutes les pages lues Sur toutes les pages blanches Pierre sang papier ou cendre J’écris ton nom Sur les images dorées Sur les armes des guerriers Sur la couronne des rois J’écris ton nom Sur la jungle et le désert Sur les nids sur les genêts Sur l’écho de mon enfance J’écris ton nom Sur les merveilles des nuits Sur le pain blanc des journées Sur les saisons fiancées J’écris ton nom Sur tous mes chiffons d’azur Sur l’étang soleil moisi Sur le lac lune vivante J’écris ton nom Sur les champs sur l’horizon Sur les ailes des oiseaux Et sur le moulin des ombres J’écris ton nom Sur chaque bouffée d’aurore Sur la mer sur les bateaux Sur la montagne démente J’écris ton nom Sur la mousse des nuages Sur les sueurs de l’orage Sur la pluie épaisse et fade J’écris ton nom Sur les formes scintillantes Sur les cloches des couleurs Sur la vérité physique J’écris ton nom Sur les sentiers éveillés Sur les routes déployées Sur les places qui débordent J’écris ton nom Sur la lampe qui s’allume Sur la lampe qui s’éteint Sur mes maisons réunies J’écris ton nom Sur le fruit coupé en deux Du miroir et de ma chambre Sur mon lit coquille vide J’écris ton nom Sur mon chien gourmand et tendre Sur ses oreilles dressées Sur sa patte maladroite J’écris ton nom Sur le tremplin de ma porte Sur les objets familiers Sur le flot du feu béni J’écris ton nom Sur toute chair accordée Sur le front de mes amis Sur chaque main qui se tend J’écris ton nom Sur la vitre des surprises Sur les lèvres attentives Bien au-dessus du silence J’écris ton nom Sur mes refuges détruits Sur mes phares écroulés Sur les murs de mon ennui J’écris ton nom Sur l’absence sans désir Sur la solitude nue Sur les marches de la mort J’écris ton nom Sur la santé revenue Sur le risque disparu Sur l’espoir sans souvenir J’écris ton nom Et par le pouvoir d’un mot Je recommence ma vie Je suis né pour te connaître Pour te nommer Liberté.
Homme utile, par Amaury Brun
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Tu ne peux plus travailler. Rêve, Les yeux ouverts, les mains ouvertes Dans le désert, Dans le désert qui joue Avec les animaux — les inutiles. Après l’ordre, après le désordre, Dans les champs plats, les forêts creuses, Dans la mer lourde et claire, Un animal passe — et ton rêve Est bien le rêve du repos.
Matines, par Axel De Lafforest
MATINES 2
J'ai rêvé d'une grande route Où tu étais seule à passer L'oiseau blanchi par la rosée S'éveillait à tes premiers pas Dans la forêt verte et mouillée S'ouvrait la bouche et l'œil de l'aube Toutes les feuilles s'allumaient Tu commençais une journée Rien ne devait faire long feu Ce jour brillait comme tant d'autres Je dormais j'étais né d'hier Toi tu t'étais levée très tôt Pour matinale m'accorder Une perpétuelle enfance
Air vif, par Pierre Grillère
AIR VIF
J’ai regardé devant moi Dans la foule je t’ai vue Parmi les blés je t’ai vue Sous un arbre je t’ai vue Au bout de tous mes voyages Au fond de tous mes tourments Au tournant de tous les rires Sortant de l’eau et du feu L’été l’hiver je t’ai vue Dans ma maison je t’ai vue Entre mes bras je t’ai vue Dans mes rêves je t’ai vue Je ne te quitterai plus.
Le chat, par Johanna Huck
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Pour ne poser qu'un doigt dessus Le chat est bien trop grosse bête. Sa queue rejoint sa tête, Il tourne dans ce cercle Et se répond à la caresse. Mais, la nuit, l'homme voit ses yeux dont la pâleur est le seul don. Ils sont trop gros pour qu'il les cache Et trop lourds pour le vent perdu du rêve. Quand le chat danse C'est pour isoler sa prison Et quand il pense C'est jusqu'aux murs de ses yeux.
L'amoureuse, par Léa Krawczyk
L AMOUREUSE 1
Elle est debout sur mes paupières Et ses cheveux sont dans les miens, Elle a la forme de mes mains, Elle a la couleur de mes yeux, Elle s'engloutit dans mon ombre Comme une pierre sur le ciel. Elle a toujours les yeux ouverts Et ne me laisse pas dormir. Ses rêves en pleine lumière Font s'évaporer les soleils, Me font rire, pleurer et rire, Parler sans avoir rien à dire.
Le front aux vitres, par Clélia Nguyen
LE FRONT AUX VITRES 2
Le front aux vitres comme font les veilleurs de chagrin Ciel dont j’ai dépassé la nuit Plaines toutes petites dans mes mains ouvertes Dans leur double horizon inerte indifférent Le front aux vitres comme font les veilleurs de chagrin Je te cherche par-delà l’attente Par-delà moi-même Et je ne sais plus tant je t’aime Lequel de nous deux est absent.
Animal rit, par Aurore Peuffier
ANIMALRIT
Le monde rit, Le monde est heureux, content et joyeux. La bouche s’ouvre, ouvre ses ailes et retombe. Les bouches jeunes retombent, Les bouches vieilles retombent. Un animal rit aussi, Étendant la joie de ses contorsions. Dans tous les endroits de la terre Le poile remue, la laine danse Et les oiseaux perdent leurs plumes. Un animal rit aussi Et saute loin de lui-même. Le monde rit, Un animal rit aussi, Un animal s’enfuit.
La courbe de tes yeux fait le tour de mon cœur, par Nicolas Rolland
LA COURBE DE TES YEUX 1
La courbe de tes yeux fait le tour de mon cœur, Un rond de danse et de douceur, Auréole du temps, berceau nocturne et sûr, Et si je ne sais plus tout ce que j'ai vécu C'est que tes yeux ne m'ont pas toujours vu. Feuilles de jour et mousse de rosée, Roseaux du vent, sourires parfumés, Ailes couvrant le monde de lumière, Bateaux chargés du ciel et de la mer, Chasseurs des bruits et sources des couleurs, Parfums éclos d'une couvée d'aurores Qui gît toujours sur la paille des astres, Comme le jour dépend de l'innocence Le monde entier dépend de tes yeux purs Et tout mon sang coule dans leurs regards.
Poisson, par Arthur Sotto
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Les poissons, les nageurs, les bateaux Transforment l’eau. L’eau est douce et ne bouge Que pour ce qui la touche. Le poisson avance Comme un doigt dans un gant, Le nageur danse lentement Et la voile respire. Mais l’eau douce bouge Pour ce qui la touche, Pour le poisson, pour le nageur, pour le bateau Qu’elle porte Et qu’elle emporte.
Tu te lèves l’eau se déplie, par Robin Vouters
TU TE LEVES 1
Tu te lèves l'eau se déplie Tu te couches l'eau s'épanouit Tu es l'eau détournée de ses abîmes Tu es la terre qui prend racine Et sur laquelle tout s'établit Tu fais des bulles de silence dans le désert des bruits Tu chantes des hymnes nocturnes sur les cordes de l'arc-en-ciel Tu es partout tu abolis toutes les routes Tu sacrifies le temps À l'éternelle jeunesse de la flamme exacte Qui voile la nature en la reproduisant Femme tu mets au monde un corps toujours pareil Le tien Tu es la ressemblance.
Même quand nous dormons, par Camille Monnier
LE CHAT
Même quand nous dormons nous veillons l'un sur l'autre Et cet amour plus lourd que le fruit mûr d'un lac Sans rire et sans pleurer dure depuis toujours Un jour après un jour une nuit après nous.

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